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Congé Parental

Le congé paternité

Le congé paternité de 2 semaines est entré en vigueur en Suisse le 1er janvier 2021, après avoir été accepté par la population suisse le 27 septembre 2020. Nous sommes le dernier pays de l’OCDE à l’avoir mis en place, le premier pays européen étant la Suède qui l’avait introduit en 1974. En comparaison, il est de 4 semaines en Autriche et de 8 semaines en Espagne depuis 2019, de 14 semaines en Suède, 29 en France et 52 semaines au Japon et en Corée du sud. Avec ses 2 semaines de congé paternité, la Suisse reste donc bien à la traîne.

Le congé paternité est disponible pour tous les jeunes pères en Suisse, à prendre dans les 6 mois suivant la naissance de l’enfant. Il est financé par les allocations perte de gain. Le père touche 80% de son revenu moyen durant son congé, mais 196 francs maximum par jour. Le congé paternité n’étant pas obligatoire pour le jeune père, sous la pression de certains employeurs, une proportion encore trop faible de jeunes pères le prend, n’osant pas user de leur droit. Conscient de cette pression, certains autres pays l’ont rendu ou sont en passe de le rendre obligatoire. Le congé paternité est comparable dans son principe au congé maternité de 14 semaines disponible en Suisse au niveau fédéral depuis 2005 (16 semaines à Genève depuis 2000). Des employeurs, des conventions collectives offrent un congé parental plus généreux, par exemple, selon nos informations (liste non exhaustive et pas forcément à jour):

  • Migros : 3 semaines
  • Swisscom : 3 semaines
  • Google : 12 semaines
  • Johnson & Johnson: 8 semaines
  • Ikea : 8 semaines
  • Microsoft : 6 semaines
  • Cisco : 1 mois
  • Novartis : 18 semaines
  • Zurich Assurance : 6 semaines. Si le père s’occupe en premier lieu du nourrisson, la durée pourra atteindre jusqu’à 16 semaines.
  • Ville de Fribourg : 30 jours.
  • Ville de Genève : 20 jours
  • Japan Tabacco International : 20 semaines (dès 2021)
  • Nestlé : 4 semaines
  • IBM : 2 mois
  • L’Occitane : 20 semaines pour la mère et 12 semaines pour le père, le tout payé à 100%
  • Volvo : 6 mois de congé parental à 80% du salaire, depuis le avril 2021
  • Allianz : 8 semaines de congé paternité depuis le janvier 2021
  • Lidl : 4 semaines

Le congé paternité permet au père et à l’enfant de tisser un lien plus fort grâce à cet accueil et cette prise en charge à temps plein de 2 semaines au moment du bouleversement familial qu’est l’arrivée de l’enfant dans la famille. La présence du père, plus tôt dans la vie de l’enfant est plus importante que ce que croyaient les scientifiques dans un passé récent et amène naturellement le père à une implication plus grande car on lui en donne enfin la possibilité (comment se lever la nuit pour s’occuper du bébé quand on doit aller travailler le lendemain ?), ce qui soulage la jeune mère qui se sentira sécurisée et épaulée pour aborder une vie de famille plus équilibrée en terme de répartition des tâches. Le congé paternité, même limité à 10 jours (c’est plus dans les autres pays) contribue à l’égalité hommes femmes, permettant aux mères de se reposer plus sur les pères, ce qui sur le court terme réduit le risque de dépression pour les mères et sur le long terme facilite la poursuite de la vie professionnelle des mères, nécessaire à leur épanouissement de femme.

Le congé parental

Le congé parental, que nous appelons de nos voeux, peut être considéré comme une extension des congés maternité et paternité réunis. Le congé parental n’est pas encore disponible en Suisse au niveau fédéral. Dès 2022, les pays membres de l’UE devront introduire au minimum 4 mois de congé parental rémunéré pour chacun des parents. Nous sommes donc à nouveau en retard en Suisse. Il y a cependant des cantons (le Tessin l’ayant accepté en premier début 2021) et des employeurs qui ont pris les devants, comme cela avait été la cas avec le congé paternité avant son adoption au niveau fédéral.

Le congé parental est un congé accordé aux deux parents, comme son nom l’indique. Il est souvent plus généreux que les congés maternité et paternité réunis, et il présente surtout l’intérêt d’offrir un solde de jours à répartir entre les deux parents comme ils le souhaitent, donc de manière adaptée à la spécificité de leur vie familiale (selon les taux de travail des deux parents, de leurs contraintes respectives, de leur choix). Au Tessin par exemple, le congé maternité de 14 semaines n’est pas remis en question bien entendu, de même pour le congé paternité de 2 semaines, il y a juste 2 semaines supplémentaires pour la mère ou le père.

Le congé parental est promu par la Commission fédérale pour les questions familiales (COFF) depuis 2010. Il fait actuellement petit à petit son chemin dans les esprits en s’instaurant progressivement dans les débats dans les cantons, se mettant en place chez les employeurs et sera nous l’espérons prochainement une réalité pour tous les jeunes parents en Suisse après un probable vote du peuple sur cet objet.

L’argument principal des opposants au congé parental, à savoir le coût des cotisations le finançant ne tient pas car au contraire, selon l’OCDE, les pays qui l’ont mis en place ont vu leurs recettes fiscales augmenter (du fait d’un taux d’emploi supérieur des femmes), et dépasser le montant des cotisations ayant financé le congé parental. Le bénéfice étant prouvé pour les enfants et les deux parents, le financement étant en fait un investissement, qu’attendons-nous ?

Pour en savoir plus sur le congé parental, nous vous recommandons vivement la lecture des excellentes 5 pages du document « Congé parental: un investissement nécessaire et rentable » de la Commission fédérale pour les questions familiales (COFF) de novembre 2020.

Quelques articles et une interview de Boris Cyrulnik en rapport avec le congé parental: