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Médiation

Qu’est-ce que la médiation ?

La médiation est un procédé de traitement des conflits, dans lesquels des tiers impartiaux soutiennent les parties en conflit afin qu’elles trouvent des solutions à l’amiable à leurs différends. Les parties décident elles-mêmes des alternatives et des résultats dans des négociations auxquelles elles participent de leur plein gré et en toute confidentialité.

La médiation existe depuis des dizaines d’années de manière volontaire, c’est-à-dire que les deux parties doivent en accepter le principe. En matière d’affaires familiales, les bénéfices de la médiation sont nombreux: moins de souffrance, moins de conflit, procédure plus courte et moins onéreuse, les enfants s’en portent mieux.

« L’objectif est de limiter l’impact d’un divorce sur les enfants. Car aujourd’hui, les experts estiment que dans 15% à 20% des cas, les séparations mettent gravement en péril la santé des enfants. L’an dernier, 17’000 divorces ont été prononcés en Suisse. »

(Le Temps, 10 juin 2022)

Les parents souhaitant mettre en place une médiation trouveront des médiateurs sur le site de la Fédération Suisse des Associations de Médiation ou sur Divorce.ch.

Bien entendu, si l’une des deux parties refuse la médiation ou ne joue pas le jeu durant celle-ci, elle ne pourra pas démarrer ou échouera assez vite. Pour cette raison est apparue la médiation ordonnée (détaillée ci-dessous), moins connue à ce jour mais en pleine expansion. La médiation ordonnée consiste à rendre la médiation obligatoire comme première étape dans les séparations. C’est ce qu’ont fait les institutions d’un nombre croissant de pays, avec d’excellents résultats.

« En Suisse, la possibilité de résolutions de conflits par la médiation est admise dans les procédures de divorces, les tribunaux contrôlant et ratifiant les conventions établies lors de la médiation. Bien qu’un nombre croissant de parents ait recours à la médiation, et que les résultats sont généralement très positifs, ce n’est que ceux qui sont suffisamment d’accord pour trouver des solutions ensemble qui y adhèrent. N’étant pas obligatoire et dès le début de la séparation, les parents en conflits aigus ne voient pas l’intérêt de la médiation, qui peut être refusée par l’un d’eux. »

(Patrick Robinson, représentant de la Coordination romande des organisations paternelles (CROP) auprès de GeCoBi)

« Il n’est pas inutile de rappeler que lors de la révision du droit du divorce de 2000, c’est le Parlement qui a biffé l’article qui devait donner l’accès à la médiation et ouvrir la voie à une juridiction spécialisée pour des tribunaux de la famille. «Les propositions ont été rejetées par le Parlement sous prétexte que la promotion de la médiation familiale représentait une concurrence déloyale pour les avocats et que la prescription de la Confédération de tribunaux des familles aurait constitué une ingérence dans un domaine relevant de la souveraineté des cantons. Si cette compétence leur appartenait bel et bien, il faut remarquer qu’aucun n’en a fait usage jusqu’ici».

(Rolf Vetterli, Président, II ème chambre civile, Trib. cantonal de St-Gall – 2006)

Depuis la prise de position ci-dessus de 2006, et malgré la résistance de la corporation des avocats, est intervenu l’arrêt 5A_852/2011 qui permet à un tribunal d’ordonner une médiation, possibilité dont les tribunaux ne se sont pas saisi massivement à ce jour.

Définition et objectifs de la médiation familiale

Le rôle de la médiation familiale est d’amener les parties à trouver elles-mêmes les bases d’un accord durable et mutuellement acceptable, tenant compte des besoins de chacun et particulièrement de ceux des enfants dans un esprit de co-responsabilité parentale.

« La médiation familiale, notamment en matière de séparation et de divorce, est un processus de gestion des conflits dans lesquels les membres de la famille demandent ou acceptent l’intervention confidentielle et impartiale d’une tierce personne, le médiateur familial. »

La médiation familiale aborde les enjeux de la désunion, principalement relationnels, économiques, patrimoniaux.

Ce processus peut être accessible à l’ensemble des membres de la famille (ascendant, descendants, collatéraux) concernés par une rupture de communication dont l’origine est liée à une séparation.

Il existe aussi des principes selon lesquels la médiation familiale doit s’exercer. En effet, le médiateur doit veiller à garantir la confidentialité de la démarche, la non-violence physique et verbale. Dans cet optique, il doit poser un cadre des discussions et le rappeler avec fermeté lorsque nécessaire. Il doit être garant de l’égalité des places et faire preuve d’indépendance, de neutralité et d’impartialité. Finalement, le médiateur n’a pas à imposer de décision et encore moins trancher le différend. Ce n’est donc pas un arbitre.

Pour approfondir le sujet, nous vous invitons à consulter les sites de l’Association Pour la Médiation Familiale et de la Fédération Suisse des Associations de Médiation ou à lire les livrets publiés par l’Association Pour la Médiation Familiale intitulé «Pratique éthique de médiation familiale».

Le droit collaboratif

Le droit collaboratif est une forme de médiation non ordonnée que nous valorisons. Une médiation non ordonnée est donc une médiation que les parents mettrons en place eux-même en sollicitant un avocat médiateur formé au droit collaboratif.

Le droit collaboratif est un mode alternatif de résolution des conflits qui nous vient des Etats-Unis et qui a vocation à s’appliquer dans tous les systèmes juridiques et pour toutes les cultures. Le mouvement de droit collaboratif en Suisse Romande est né en 2009 à Genève.

Il s’agit d’un moyen efficace et économique permettant de trouver une issue équitable et satisfaisante à un conflit avec l’assistance d’avocats mais sans saisine des tribunaux pour trancher le litige.

Nous conseillons aux couples en instance de séparation d’envisager le droit collaboratif.

Il y a 83 avocats formés au droit collaboratif en Suisse romande au 1er novembre 2022. L’immense majorité des séparations et divorces réalisés par le droit collaboratif est couronnée de succès avec satisfaction des deux parties, alors que via un procès, les deux parties sont le plus souvent insatisfaites (avec les conséquences que l’on connaît sur le bien-être des enfants, le conflit perdurant).

La réalisation d’une séparation ou d’un divorce (avec tous ses aspects tels que partage du temps avec les enfants, pensions, partage des biens …) par le droit collaboratif présuppose un état d’esprit de recherche de solution par les deux parties (les deux parents). 

« Chaque partie indique ses besoins et cherche les intérêts communs. L’avocat permet de les définir et entend ceux de l’autre partie. Il ne s’agit pas d’arriver à un compromis mais d’arriver à une situation satisfaisante pour tous. C’est une variante de la médiation. »

(Christophe Imhoos, avocat et fondateur de l’Association romande de droit collaboratif)

Plus d’information sur le site du Droit Collaboratif Romand et dans notre dossier droit collaboratif.

La médiation ordonnée

Une médiation ordonnée est décidée par les institutions, comme phase initiale de la procédure. Un tribunal peut ordonner une médiation (arrêt 5A_852/2011). De nombreuses voix s’élèvent pour demander la mise en place de la médiation obligatoire.

La médiation ordonnée, en expansion actuellement, existe cependant depuis de nombreuses années. Voici quelques informations datant de 2009:

  • En Norvège, la médiation est obligatoire lorsque les enfants ont moins de 16 ans. Dans 40% des cas, la médiation s’est révélée superflue et dans 40% elle a permis de trouver une solution.
  • Au Pays-Bas, un projet pilote (1999-2003) a montré qu’un accord avait été trouvé dans 61% des cas par une médiation ordonnée avant la procédure judiciaire et dans 78% des cas pendant la procédure judiciaire.
  • En Grande-Bretagne, la loi oblige les avocats à adresser les parents à un médiateur. Une aide financière, voire la gratuité, peut être obtenue.
  • Suisse : Les expériences de médiation ordonnée, menées à Bülach/ZH autour de 2005, se sont révélées très positives.

A Berne, Mme Lilo Staub, Dr en psychologie, aidée d’un juriste, a élaboré un modèle d’ordonnance d’une consultation obligatoire. Basé sur le droit en vigueur depuis 2000, il s’inspire de la médiation ordonnée.

La CROP avait calculé en 2009 que des mesures telles que la médiation ordonnée coûteraient à la collectivité 16 millions de francs, alors qu’elles permettraient de réaliser des économies de 300 millions.

Un appel spécial a été adressé par le Conseil de l’Europe entre autres au pouvoir législatif suisse le 2 octobre 2015. L’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté à l’unanimité (incluant donc ses deux parlementaires suisses) la résolution 2079 sous le titre « Egalité et coresponsabilité parentale : le rôle des pères » .

« 5.9: à encourager et, le cas échéant, à développer la médiation dans le cadre des procédures judiciaires en matière familiale impliquant des enfants, notamment en instituant une séance d’information obligatoire ordonnée par un juge, afin de sensibiliser les parents au fait que la résidence alternée peut être la meilleure option dans l’intérêt supérieur de l’enfant, et de travailler en faveur d’une telle solution, en veillant à ce que les médiateurs reçoivent une formation appropriée et en favorisant une coopération pluridisciplinaire inspirée du modèle dit de «Cochem»».

(Article 5.9 de la résolution 2079 (2015) de l’assemblée parlementaire du conseil de l’Europe)

La méthode Cochem

La méthode Cochem (également nommée pratique de Cochem ou encore « modèle de consensus parental ») est une forme de médiation ordonnée. Cette méthode née en 1992 dans la ville de Cochem en Allemagne pousse les parents à s’entendre dès le début du processus de séparation. Tous les acteurs de la séparation (parents, avocats, APEA, juges …) travaillent ensemble dans le but de trouver un accord qui évite à l’enfant de souffrir.

« Avocats, ayez la sensibilité de remettre l’enfant au centre des préoccupations. Vous pouvez faire de la bonne prévention en amont. »

(Dre Alessandra Duc Marwood, psychiatre, médecin ajoint au centre de consultation Les Boréales, unité du CHUV)

Les expériences faites dans plusieurs pays (Allemagne, Autriche, USA, Canada, Grande Bretagne, Pays-Bas, Norvège), démontrent que la médiation-cooperation ordonnée permet aux parents en conflits de réduire leurs conflits et de développer leurs capacités de coopération et de coresponsabilité parentales avec des effets positifs sur leurs enfants. Le modèle de coopération ordonnée développé depuis une dizaine d’année avec succès à Cochem en Allemagne démontre que les parties concernées (parents et enfants) doivent pouvoir se faire aider par des intervenants spécialement formés à ce type de médiation. Un élément qui a fortement influencé le succès de cette approche est que la coopération soit ordonnée et le processus entamé très rapidement (dans les 15 jours) suite à une décision de séparation. Les autorités y voient un avantage pour réduire la possibilité d’enlisement ou d’aggravation des conflits.

«Tout ce qui encourage le dialogue doit être proposé, voire imposé. Je préconise un changement de notre pratique, une prise de conscience que le bien-être de l’enfant fait partie de l’intérêt de notre client»

(Irène Wettstein, avocate veveysanne)

Sont mises en place des sessions d’information, de sensibilisation à la séparation, un accompagnement à la coparentalité, une médiation (les cinq premières séances étant financées par le canton) et dans de rares cas une thérapie ordonnées par le juge si nécessaire. Les enfants de plus de 6 ans sont invités à un entretien personnel avant l’audition de ses parents, symbolisant la priorité mise sur l’enfant.

La méthode de Cochem est en place en Belgique à Dinant.

Intégration du modèle de consensus (Cochem) en Belgique Marie-France Carlier, juge du Tribunal de la famille de Dinant, Belgique (Luxembourg 2016)

Elle a été mise en place en Suisse romande pour la première fois en janvier 2020 en Valais, dans le district de Monthey. Le succès est au rendez-vous avec 63% en 2020 et 78% en 2021 des médiations qui ont débouché sur un accord complet ou partiel. Les avocats valaisans y participent et utilisent des formulaires de requêtes simplifiés (adaptés au modèle de consensus parental) qui permettent de communiquer en laissant moins de place aux éléments subjectifs, ou au dénigrement ou aux attitudes peu respectueuses.

« Le nombre d’accord est très élevé et la durée de la procédure a diminué, de même que la nécessité d’enquêtes sociales ou d’expertises psychojudiciaires. »

(Camille Rey-Mermet, Juge au tribunal cantonal)

Suite au succès de ce pilote, le modèle de consensus parental a été étendu début 2022 au districts de Martigny, d’Entremont et de Saint Maurice.

D’autres cantons projettent de mettre en place ce modèle, comme Neuchatel. Plus récemment, il a été mis en place que dans le canton de Vaud en janvier 2022 dans l’Est vaudois (districts de la Riviera-Pays d’en-Haut, de Lavaux-Oron.et d’Aigle). Le Service Social International Suisse (SSI Suisse) participe à l’élaboration et au montage de ce pilote dans le Canton de Vaud, comme il le fait pour le canton du Valais. Il est mandaté par l’Ordre judiciaire vaudois et la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse pour coordonner et conseiller les instances et professionnelles parties prenantes au pilote pour établir un mode opératoire pour son application.

« Le dialogue est encadré par une tierce personne neutre qui n’est pas là pour trancher le conflit, mais pour accompagner les parents dans la recherche de solutions respectant leurs besoins et ceux de l’enfant. »

(Laure Clivaz-Strehmel, présidente de l’association valaisanne de médiation)

(Le Nouvelliste, 18 février 2022)
Entretien débat de Me Sydney Kamerzin, du MCPVs et de la CROP (49 minutes)

Tribunal de la famille

Un tribunal de la famille est un tribunal qui est spécialisé dans les affaires familiales (divorces, gardes d’enfants …) Actuellement, seul le canton d’Argovie a un Tribunal de la famille unifié.

L’association Avenir Familles, propose la création d’une commission de conciliation, comme cela se fait pour les baux et loyers ou aux Prud’hommes. Cette proposition a été portée fin 2021 à la commission des affaires juridiques par le conseiller national socialiste Christian Dandrès (GE) dans le cadre de la révision du Code de procédure civile. Il demande que les cantons soient incités à instituer une commission de conciliation ainsi qu’un Tribunal de la famille. En effet, aujourd’hui, les contentieux familiaux représentent la majorité des procès civils en Suisse, constate Avenir Familles. Cela a des coûts sociaux et de santé.

Jean Zermatten, ex-président du comité de l’ONU des droits de l’enfant considèrant que le modèle de Cochem n’est pas suffisant, prône la création d’un Tribunal de la famille, composé de juges spécialisés pour faire face à des situations toujours plus complexes.

« Le système actuel a des limites, il manque de spécialisation, il y a une certaine urgence à réformer », a-t-il déclaré dans La Matinale. »

(Jean Zermatten, ex-président du comité de l’ONU des droits de l’enfant)

En savoir plus :

  • Conflits parentaux, quelles alternatives ? (ARCINFO, 26 novembre 2022)
  • Le divorce atteint la santé physique et mentale des enfants (20 Minutes, 16 octobre 2022)
  • Comment réussir son divorce avec des enfants (RTS, 1er septembre 2022)
  • Un tribunal de la famille permettrait « de sortir de l’affrontement » dans les divorces. (Le Temps, 10 juin 2022)
  • Valais : la méthode Cochem a fait ses preuves lors des processus de séparation et est étendue à trois nouveaux districts. Après 2 ans de projet pilote, la méthode, incluant séances de sensibilisation, information et processus de médiation précoce imposée par les juges et autres acteurs est un succès encourageant. « Le nombre d’accords trouvés est très élevé et la durée de la procédure a diminué, de même que la nécessité d’enquêtes sociales ou d’expertises psycho-judiciaires. » se réjouit une juge cantonale. (Le Nouvelliste, 18 février 2022)
  • Projet pilote vaudois : une démarche indispensable pour protéger les enfants. La canton de Vaud, avec l’Ordre judiciaire vaudois, va lancer un projet pilote sur la base de la méthode Cochem, qui pousse les parents à s’entendre dès le début du processus de séparation. Après l’expérience positive dans le district de Monthey (VS), une nouvelle initiative romande pour sortir des processus néfastes à l’intérêt de l’enfant. (24 Heures, 13 janvier 2022)
  • Limiter les conflits parentaux : proposition d’une commission de conciliation au Conseil national. L’association Avenir Familles veut simplifier les procédures de divorce avec des commissions de conciliation. Objectif : trouver un consensus dès le début des procédures, pour le bien des enfants. Un projet pilote sur le modèle du consensus parental est en cours dans le district de Monthey (VS). (Le Courrier, 17 novembre 2021)
  • Les Echos de Vacarme – Guerre des ex: quand lʹenfant devient une arme (RTS, 21 avril 2021)
  • Conflits: privilégier les médiateurs aux juges (20 Minutes, 20 janvier 2021)
  • Conflits de couples: nos neurones apprécient la médiation (20 Minutes, 29 juillet 2020)
  • En Valais, un «consensus parental» pour préserver l’enfant lors d’une séparation ou d’un divorce. (Le Temps, 26 février 2020)
  • Divorce conflictuel : agir vite et ordonner des médiations précoces. Des collectifs de professionnels de la santé psychique alertent sur les dégâts causés aux enfants et adolescents par ces processus interminables. Ces conflits doivent être traités au plus vite en évitant l’enlisement judiciaire. Des méthodes existent et sont appliquées en Valais. Les autorités politiques sont exhortées à agir pour l’introduire aussi dans le canton de Vaud. (24 Heures, 22 janvier 2021; 24 Heures, 15 mai 2020; 24 Heures, 16 décembre 2019)
  • Divorce et enfants: un gâchis que la justice doit éviter (Le Temps, 26 novembre 2019)
  • Le Valais veut mieux protéger les enfants en cas de divorce difficile (RTS, 13 novembre 2019)
  • Pour une médiation obligatoire (GEMME Europe, 17 avril 2019)
  • Video sur la Philosophie du modèle de Cochem par Bee Marique, avocate et médiatrice, partenaire de la mise en oeuvre du projet Cochem à Dinant en Belgique (Luxembourg, 2016)
  • From the ”Practice of Cochem” to the ”Consensus Model” (Ursula Kodjoe, 26 octobre 2016)
  • Pour un changement de paradigme des séparations conflictuelles : le modèle de Cochem (Dr Broca, juin 2016)
  • Video sur la Commission pluridisciplinaire par Madame Bee Marique, avocate et médiatrice (Luxembourg, 2016)
  • Séminaire du 21 avril 2010 sur la médiation familiale à La Chaux-de-Fonds. Thème principal: les pratiques de la médiation au Québec, en France et en Allemagne. L’intitulé du séminaire donne à penser que le thème du séminaire était consacré à l’application de la médiation dans les affaires familiales et que c’est la médiation dans son acception classique qui est sous-entendue. Or, tant la genèse du séminaire que le contenu des divers exposés ont clairement montré que c’étaient les autres formes de la médiation, imposée, préalable, institutionnelle, etc. qui étaient au centre des préoccupations des organisateurs, l’Association neuchâteloise de médiation familiale et le Centre de recherche sur le modes amiables et juridictionnels de gestion des conflits de l’Université de Neuchâtel. (30 mai 2010)
  • Le Valais veut mieux protéger les enfants en cas de divorce difficile (RTS, 13 novembre 2019)
  • De cochem à Dinant : une procédure dans le respect de l’enfant (Bee Marique et Marie Sacrez, janvier 2014)
  • Médiation ordonnée applicable dans le contexte du droit à la relation personnelle. Les autorités tutélaires et les tribunaux ont le droit d’ordonner à des parents de se soumettre à une médiation. Dans son arrêt, le Tribunal fédéral fait le constat que, conformément à l’art. 307 al. 3 CC, il est admissible d’ordonner une médiation imposée dans le contexte de la réglementation du droit à la relation personnelle (droit de visite). L’arrêt du 9 décembre 2009 reconnaît pour la première fois que l’obstruction aux relations personnelles entre le parent non gardien et ses enfants est de nature à induire l’aliénation des enfants à l’égard du parent non gardien. Il faut relever que le Tribunal fédéral justifie le recours à la médiation ordonnée par la nécessité de donner la priorité aux besoins de l’enfant et, en particulier, à son besoin d’entretenir des relations avec ses deux parents. (Arrêt 5A.457/2009, 9 décembre 2009)
  • Affaires familiales, l’Allemagne réforme sa procédure: après les résultats probants de la pratique de Cochem qui a évoluée durant plus de 10 ans, la République fédérale allemande a légiféré en vue de son application dans tout le pays. Cette loi pose le cadre et fixe les modalités dans le but de favoriser la diligence et l’incitation à un accord (CROP, 2 octobre 2009).
  • La médiation – coopération ordonnée: Une nécessité. La réorganisation des relations enfants-parents dans les situations de séparation-divorce nécessite le développement de la capacité des parents de négocier autour des intérêts de l’enfant. Les procédures judicaires actuelles empêchent souvent les parents à rechercher eux-mêmes des solutions aux conflits concernant leurs enfants. Les lourdeurs du système judicaire contribuent même à aggraver les conflits, la souffrance des enfants, les coûts aux familles et à la société. La médiation-coopération ordonnée permettrait aux parents de développer une coresponsabilité parentale plus saine pour le développement de l’enfant ainsi qu’une réduction des frais de procédures judiciaires … (Patrick Robinson, 7 décembre 2007)
  • Allocution de M. Hans Lehmann au 7ième colloque de Médecine de premier Recours (Palais de Beaulieu, Lausanne) (1er septembre 2005). Le médecin se sent parfois confronté à des patients ayant des problèmes psychosomatiques dont il attribue l’origine à des conflits de couples persistants tendant à la séparation. La médiation familiale peut-elle intervenir face à de telles situations ? Introduction du Dr. Siméon Grossmann:
    • « Aujourd’hui encore le divorce d’une famille est une grande crise pour les concernés, souvent aussi pour les enfants. Il s’agit d’essayer de diminuer ou même d’éviter les dommages psychiques et physiques à long terme des personnes qui subissent un tel drame.
    • En cabinet médical, ces problèmes ne sont pas rares et les patients montrent souvent des troubles psychosomatiques ou psychiques, parfois somatiques (après des altérations physiques). Ces troubles peuvent et doivent être traités avec des entretiens et des médicaments, mais pour vraiment résoudre les problèmes de base, il faut trouver d’autres solutions.
    • Maintenant encore les patients cherchent de l’aide auprès d’un avocat, qui, par définition, défend les intérêts d’une personne, son client, mais pas de toute la famille. Cette habitude mène souvent à une solution de vainqueur et vaincu, une situation défavorable à long terme pour aller vers un dénouement plus équitable. En plus, la loi déchoit l’un des parents de son autorité parentale, dans 9 cas sur 10 le père. Le couperet de la justice tranche, le lien entre les enfants et le vaincu.
    • Moi, comme confrère, j’ai vécu personnellement ce type de procès. C’est alors que j’ai commencé à m’engager pour chercher de meilleures solutions auprès d’une association Suisse alémanique : VEV ( Verantwortungsvoll Erzehiende Väter un Mütter) ayant 2 buts : médiation et responsabilité commune. Ensuite comme président de l’association « Parents forever Switzerland ». Même si je suis moins actifs, je me solidarise toujours entièrement avec la philosophie de ces associations … »
  • Le modèle de la Moselle – La pratique de Cochem aplanit les disputes autour de l’enfant. Le conflit entre personnes divorcées subit une escalade au moment où la justice est saisie par un des époux. En plus, la dispute dure souvent longtemps. C’est pourquoi le juge Jürgen du tribunal de Cochem accorde l’urgence aux conflits dans lesquels des enfants sont concernés. Une audience est convoquée dans un délai de deux à trois semaines. Partout ailleurs, il faut attendre au minimum une demi-année. (Bernd Fritz, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 23 décembre 2004, N° 300 / Page 101, 24 décembre 2004)
  • Le succès de la coopération ordonnée du « Modèle de Cochem » – Coopération ordonnée dans le conflit familial comme processus d’ajustement : Réflexions théoriques et transposition pratique: « D’un point de vue psychosocial – se basant sur l’approche par la théorie classique des dissonances à l’ajustement de conflits – des réflexions sont émises pour déterminer dans quelle mesure une coopération ordonnée dans le conflit familial peut y amener un ajustement et ainsi provoquer une désescalade de ce conflit. Ces réflexions portent sur toutes les parties prenantes au conflit : d’une part au niveau des personnes concernées, mais également au niveau des professionnels. Afin d’appréhender un Modèle, l’on a en outre examiné dans quelle mesure l’intervention professionnelle dans le conflit familial représente une fonction de modèle pour les parties concernées. Enfin, un modèle pratique de réussite – dénommé « Modèle de Cochem » – est proposé car il fonctionne avec succès depuis des années grâce à la coopération ordonnée. » (Professeur Dr Traudl Fuechsle-Voigt, Coblence, Juin 2007)
  • Le rôle du tribunal. « La coopération interdisciplinaire est nécessaire dans presque tous les secteurs de la vie. Cependant, elle n’est que rarement pratiquée. Son application est souvent mise en échec par des conditions défavorables : les modifications nécessaires des pratiques échouent car elles sont souvent laissées à des « théoriciens » et manquent d’imagination. Afin de permettre une bonne collaboration entre les professionnels et les institutions, une condition est indispensable : la parfaite coopération entre les différentes unités. » (Jürgen Rudolph, Juge aux affaires familiales au tribunal de Cochem, janvier 2008)
  • Le rôle de l’office de la jeunesse. « La base légale pour le travail des Offices de Jeunesse s’est fondamentalement modifiée avec l’introduction en 1991 de la Loi sur  l’Enfance et la Jeunesse (en Allemagne, la loi KJHG). Avec l’entrée en vigueur de la KJHG, les parents obtiennent le droit à une consultation auprès de l’Office de Jeunesse en cas de séparation ou de divorce (§ § 17,18 Sozialgesetzbuch VIII). Avant tout, cela signifie que les collaboratrices et collaborateurs sont confrontés à des tâches fondamentalement nouvelles ! » (Manfred Lengowski, Service de l’Enfance de Cochem, janvier 2008)
  • Pratique de Cochem: comment ça fonctionne ? Exemple complet d’une médiation ordonnée. La pratique de Cochem est un exemple réussi d’application fructueuse du principe de médiation ordonnée. Les chiffres sont éloquents: dans 95% des cas, les intervenants des diverses professions purent résoudre les problèmes. Dans les 5% restants, les parents furent adressés à un service de conseils de vie et 98% de ceux-ci furent aidés avec succès. (CROP, janvier 2009)
  • Conflits parentaux autour des enfants. Pratique de Cochem et médiation ordonnée, quels en sont les avantages ? (CROP, 2009)
  • République fédérale allemande. Loi portant réforme de la procédure dans les affaires familiales et dans les affaires non contentieuses. Extraits de la législation allemande entrée en vigueur le 1er septembre 2009. Cette législation est largement inspirée de la pratique de Cochem. Elle a posé la base légale pour déployer cette pratique dans toute l’Allemagne.

Bibliographie:

Le Livret « Pratique Éthique de médiation familiale » est l’un des textes reprenant les fondements éthiques de la médiation familiale tels que pensés à l’APMF. C’est à ce titre un de nos textes fondateurs, avec le Code de Déontologie et nos statuts.

  • Protection de l’enfance. Lettre ouverte à tous ses acteurs (Isabelle Vuistiner-Zuber, avril 2019)

« Le divorce est un délicat exercice de transition vers un cadre de vie différent, en particulier quand des enfants sont présents. Sans s’en rendre compte, on peut se mettre à glisser vers quelque chose d’ingérable et source d’une souffrance intense.

Etre attentif à ses propres réactions suite à la rupture, donner aux enfants un surcroît d’attention au moment où l’on se trouve soi-même en déséquilibre, connaître les structures et les procédures qui peuvent nous soutenir ou savoir comment s’en défendre, cet ouvrage se veut d’abord un guide à l’attention des parents.

Les huit témoignages recueillis expriment avec force combien ces situations de tension peuvent nous marquer.

Dans ce vertige de séparations scabreuses, il convient de questionner la pratique des professionnels et des si mal- aimées APEA, afin d’obtenir le respect absolu du droit des enfants à être élevés par leurs deux parents.

Je veux croire en cette capacité d’autocritique et de remise en question de tous les acteurs de la protection de l’enfance. »

Isabelle Vuistiner-Zuber